C’est une excellente question qui touche directement à la géographie et à la climatologie de l’île. La Réunion est sujette aux cyclones en raison de sa position géographique dans une zone de l’océan Indien propice à la formation de ces phénomènes, combinée à des conditions océaniques et atmosphériques spécifiques pendant la saison chaude.
Les Conditions Idéales de Formation
Pour qu’un cyclone se forme, il faut réunir cinq conditions essentielles, que l’océan Indien Sud-Ouest remplit parfaitement pendant la saison estivale australe.
Les conditions nécessaires sont :
- Une eau de mer chaude : La température de l’océan doit être supérieure à 26∘C sur une profondeur d’au moins 50 à 60 mètres. C’est l’énergie (le « carburant ») du cyclone, créée par l’évaporation intense. Cette condition est remplie dans les eaux au nord et à l’est de La Réunion pendant l’été austral.
- Une forte humidité : L’air doit être très humide, ce qui est le cas dans la zone équatoriale et tropicale, fournissant la vapeur d’eau nécessaire aux pluies diluviennes.
- Une zone dépressionnaire initiale : Il faut une perturbation atmosphérique (une zone de basse pression) qui donne le coup d’envoi à la rotation.
- Un cisaillement des vents faible : La vitesse ou la direction des vents ne doivent pas varier de manière significative avec l’altitude (on parle de cisaillement faible). Un fort cisaillement « déchire » le système et l’empêche de s’organiser.
- Une force de Coriolis suffisante : Le système doit se former suffisamment loin de l’équateur (au-delà de 5∘ de latitude) pour que la force de Coriolis (due à la rotation de la Terre) puisse initier et maintenir la rotation du système (dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Sud).
La menace cyclonique n’est pas constante. Elle est concentrée durant l’été austral, la saison chaude et humide. La saison cyclonique s’étend généralement de novembre à avril, avec un pic d’activité souvent observé en janvier, février et mars.
En résumé, La Réunion est vulnérable aux cyclones parce qu’elle se trouve directement sur la trajectoire des systèmes tropicaux qui se forment dans les eaux chaudes au nord-est, un phénomène qui atteint son paroxysme pendant l’été austral.

